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Municipales 2026 à Castres : débat budgétaire en bras de fer, le conseil municipal vire au match politique

Publié le 09/12/2025 à 22:02 , mis à jour le 10/12/2025 à 07:26 Jason Esnault



À quatre mois des élections municipales, le débat d’orientation budgétaire a servi de tribune à quelques candidats à Castres. L’opposition a ouvert les hostilités, forçant la majorité à défendre un bilan critiqué par la Chambre régionale des comptes. La bataille des arguments financiers donne le coup d’envoi officieux d’une campagne qui s’annonce relevée.

ACe mardi soir, voilà un conseil municipal de Castres (Tarn) qui ressemblait davantage à un tour de chauffe électoral qu’à un exercice comptable. À quatre mois des élections municipales, pour ce débat d’orientation budgétaire, élus et candidats n’ont pas seulement égrené des chiffres : ils ont posé leurs premiers jalons, affûté leurs arguments et ajusté leurs trajectoires en vue de l’échéance de mars 2026. Dans la salle, l’ambiance avait des airs de rentrée de campagne, sous les regards attentifs d’autres prétendants à l’hôtel de ville comme Ariane Rosenau et Sahel Beriouni-Poitevineau venus ressentir l’atmosphère et jauger leurs futurs adversaires.


Face au maire Pascal Bugis et au conseiller municipal de la majorité, Arnaud Bousquet, l’opposition n’a pas manqué l’occasion d’ouvrir le bal des artifices. Guillaume Arcèse, à nouveau candidat comme en 2020, s’est appuyé sur les comparaisons entre villes de même strate pour décocher ses flèches : dette par habitant largement supérieure, subventions en berne, investissements en recul. "Castres investit moins, et c’est logique qu’elle obtienne moins d’aides. Mais pourquoi sommes-nous à ce point décrochés des autres ?", interroge-t-il, chiffres à l’appui. De quoi donner le ton dès les premières minutes.

Le maire, coutumier des joutes budgétaires, n’a pas laissé passer. "Si nous investissons moins, nous avons moins de subventions. C’est mécanique. Les arbitrages, c’est nous qui devons les faire", a-t-il répondu, rappelant pêle-mêle "l’inflation, la hausse du point d’indice et le coût de l’énergie" pour justifier les choix financiers de la collectivité, taclant au passage une opposition accusée de "redécouvrir soudainement le contexte national". Le dernier rapport, cinglant, de la Chambre régionale des comptes était bien sûr dans toutes les têtes. "Je n’ai jamais eu pour ambition de laisser la ville comme nous l’avions trouvée. Et ça ne nous a pas emmenés dans le mur !", pointait avec assurance Pascal Bugis.

Bories silencieux, Bousquet en avocat de la majorité


À gauche, André Martinez a élargi le spectre : baisse des dotations d’État, vieillissement de la population, équipements vieillissants, enjeux climatiques insuffisamment pris en compte. Une vision plus globale, mais tout aussi critique : "Le parc de Gourjade vieillit, les écoles souffrent de la chaleur en juin, les médecins partent…" Liste longue et soupirs non masqués.

Puis ce fut au tour d’une autre figure de la gauche, Martine Daste-Moron, de dénoncer une "gestion prudente mais sans ambition", pointant une épargne en recul, une dette "parmi les plus élevées de la région" et une masse salariale dont la baisse interroge : "Quels services disparaissent ?" Lorsque le maire lui répond que la ville n’a "jamais prétendu baisser les impôts en valeur absolue, mais maîtriser leur évolution", elle insiste, dénonçant une mesure de communication : "Les Castrais paient plus, malgré la baisse des taux."


La gauche observe, Arcèse déjà sur le ring

Tandis que Xavier Bories restait silencieux, Arnaud Bousquet, lui, a défendu le bilan de la majorité : une "trajectoire logique" et un budget "d’accompagnement du quotidien", citant les projets de voies douces, la réhabilitation des stades du Travet et du Rey ou encore la vaste opération de transformation du quartier de Laden. "Trois projets cyclables dans le même DOB, c’est inédit", souligne-t-il, avant de rappeler les cofinancements obtenus : "On nous reprochait de ne pas aller chercher d’aides. Maintenant qu’on le fait, on nous reproche d’en être dépendants."

Autre point : la controverse autour des travaux prévus au stade du Rey. "Comment peut-on passer de 500 000 euros à plus d’un million en sept mois ?", s’est exclamé un Guillaume Arcèse acharné. Le maire, lui, y voit "l’illustration de la complexité des projets modernes" et invite l’opposition à regarder "les matchs où tout se joue dans les dernières minutes". Manière d’admettre que les opérations se bouclent souvent en fin de mandat, comme un défi lancé ou relevé avant l’heure des bilans.

Dans les rangs du public, les autres candidats prenaient des notes. Derrière les lignes budgétaires, chacun ajustait déjà ses arguments. Sauf le RN, où le candidat Florian Azéma manquait à l’appel. Ce débat d’orientation budgétaire a donc pris des accents de pré-campagne : la bataille des chiffres annonce celle des idées. La campagne n’a pas encore commencé que les hostilités, elles, semblent bien lancées.



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